Iron Condor : stratégie options pour marché neutre

L’iron condor est une stratégie d’options qui combine la vente d’un call spread et la vente d’un put spread sur le même sous-jacent, avec la même échéance. Objectif : encaisser des primes dans un marché qui reste dans un range. Le gain est limité mais la probabilité de succès est élevée, ce qui en fait un outil favori des vendeurs de volatilité.

🎯 Fiche stratégie

  • Biais : neutre (range-bound)
  • Nombre de jambes : 4 (2 calls + 2 puts)
  • Gain max : prime nette encaissée
  • Perte max : écart entre strikes − prime encaissée
  • Breakeven : strike put vendu − prime / strike call vendu + prime
  • Greek dominant : theta positif (profite du temps)

Construction de l’iron condor

L’iron condor se construit en quatre jambes simultanées :

JambeActionStrikeRôle
1Achat putLe plus bas (protection)Limite la perte côté baisse
2Vente putSous le cours actuelEncaisse la prime côté baisse
3Vente callAu-dessus du cours actuelEncaisse la prime côté hausse
4Achat callLe plus haut (protection)Limite la perte côté hausse

Les deux jambes vendues génèrent la prime. Les deux jambes achetées servent de filet de sécurité.

Exemple chiffré complet

📝 EXEMPLE

Action Sanofi cotée à 92 €. Échéance dans 45 jours. Vous montez un iron condor :

Achat put 82 € (prime payée : 0,40 €)

Vente put 85 € (prime reçue : 1,10 €)

Vente call 99 € (prime reçue : 1,00 €)

Achat call 102 € (prime payée : 0,30 €)

Prime nette = (1,10 + 1,00) − (0,40 + 0,30) = 1,40 € par action
Gain max = 1,40 × 100 = 140 €
Perte max = (3 − 1,40) × 100 = 160 €
Breakeven bas = 85 − 1,40 = 83,60 €
Breakeven haut = 99 + 1,40 = 100,40 €

Tant que Sanofi reste entre 83,60 € et 100,40 € à l’échéance, vous êtes en profit. La zone de profit est large : 16,80 € de marge, soit environ 18 % du cours.

Profil de gain et de perte

Le profil de l’iron condor est symétrique (ou quasi-symétrique si les spreads sont de même largeur) :

  • Sous-jacent entre les deux strikes vendus (85 et 99) : gain maximum = prime nette
  • Sous-jacent entre un strike vendu et le breakeven : gain partiel (la prime s’érode)
  • Sous-jacent au-delà d’un breakeven : perte, plafonnée par les strikes achetés

L’avantage par rapport à un strangle vendu : la perte est plafonnée. Pas de mauvaise surprise en cas de mouvement extrême.

Quand utiliser un iron condor

Contexte favorable

  • Volatilité implicite élevée (primes riches à vendre)
  • Pas de catalyseur majeur attendu (pas de résultats, pas de décision réglementaire)
  • Sous-jacent en consolidation ou dans un range identifié

Contexte défavorable

  • Volatilité implicite basse (primes trop faibles pour justifier le risque)
  • Événement binaire imminent (résultats, annonce macro)
  • Tendance forte et persistante

Choix des paramètres

Largeur des spreads

Des spreads plus larges augmentent la prime encaissée mais aussi la perte maximale. Un écart de 3 à 5 € entre les strikes est un compromis courant sur les actions européennes. Sur le S&P 500 (SPY), les traders utilisent souvent des spreads de 5 à 10 $ de large.

Distance des strikes vendus

Visez des delta de 0,15 à 0,25 sur les options vendues. Cela correspond à des strikes suffisamment éloignés du cours pour avoir environ 70 à 85 % de probabilité de succès.

Échéance optimale

Entre 30 et 45 jours (DTE). C’est la fenêtre où le ratio theta/risque est le plus favorable. Trop court (moins de 15 jours) : le gamma explose et un petit mouvement peut vous mettre en difficulté. Trop long (plus de 60 jours) : le theta travaille lentement.

Gestion et ajustements

Clôture anticipée

Règle courante : clôturer l’iron condor quand vous avez capturé 50 à 75 % de la prime maximale. Pourquoi ne pas attendre l’expiration ? Parce que les derniers 25 % de prime s’accompagnent d’un gamma croissant et d’un risque disproportionné.

Si le sous-jacent menace un côté

  • Rouler le côté menacé : racheter le spread en danger et le replacer plus loin. Cela réduit le gain mais préserve la position.
  • Fermer le côté menacé : accepter une perte partielle sur un spread et conserver l’autre côté (qui a gagné de la valeur).
  • Ne rien faire : si le sous-jacent est encore entre les breakevens, le temps joue pour vous. Patience souvent récompensée.

Analyst Tip : fixez votre plan de sortie AVANT d’entrer dans la position. Définissez un objectif de profit (par exemple 50 % de la prime), un stop-loss (par exemple 2× la prime reçue en perte), et les conditions d’ajustement. Improviser en cours de trade est la meilleure façon de transformer un iron condor rentable en perte.

Iron condor vs autres stratégies neutres

StratégiePerte maxGain maxComplexité
Iron condorPlafonnéePrime nette4 jambes
Strangle venduIllimitéePrime nette2 jambes
Butterfly spreadPrime payéeÉcart strikes − prime3 jambes

🔑 Points clés à retenir

  • L’iron condor profite quand le sous-jacent ne bouge pas (ou peu)
  • Gain max = prime nette encaissée, perte max = largeur du spread − prime
  • Privilégiez les échéances 30 à 45 jours et des delta 0,15 à 0,25
  • Clôturez à 50 à 75 % du gain max pour optimiser le ratio risque/temps
  • Le contexte idéal est une volatilité implicite élevée sans catalyseur attendu

Questions fréquentes

L’iron condor est-il adapté aux débutants en options ?

C’est l’une des premières stratégies multi-jambes enseignées, mais elle nécessite de comprendre les Greeks (surtout theta et gamma) et la gestion de position. Familiarisez-vous d’abord avec les calls et puts simples avant de passer aux spreads.

Quel capital minimum pour un iron condor ?

La marge requise correspond à la perte maximale (largeur du spread − prime). Sur l’exemple Sanofi ci-dessus, 160 € de marge par contrat. En pratique, prévoyez 3 000 à 5 000 € de capital pour diversifier sur plusieurs sous-jacents.

Peut-on faire un iron condor asymétrique ?

Oui. Si vous avez un léger biais directionnel, vous pouvez placer les strikes vendus plus proches d’un côté que de l’autre. Cela augmente la prime d’un côté mais réduit la zone de profit. On parle parfois de « broken wing » condor.

Quel sous-jacent choisir pour un iron condor ?

Privilégiez des sous-jacents liquides avec des options à spreads serrés : indices (SPY, QQQ, CAC 40), grosses capitalisations (TotalEnergies, LVMH, Apple). Évitez les petites valeurs dont les options sont peu liquides.

Que se passe-t-il si je suis assigné sur une jambe ?

L’assignation survient quand l’option vendue est profondément ITM. Vous devez livrer (call) ou recevoir (put) les actions au strike. En pratique, la jambe achetée adjacente vous protège. Contactez votre courtier si cela arrive, et fermez la position proprement.

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les options sont des instruments complexes comportant un risque de perte en capital.