Covered call : générer des revenus sur vos actions

Le covered call (ou « call couvert ») consiste à vendre un call sur des actions que vous détenez déjà. Vous encaissez la prime en échange d’un engagement : si le sous-jacent dépasse le strike, vous devez vendre vos actions à ce prix. C’est la stratégie d’options la plus répandue chez les investisseurs particuliers qui veulent améliorer le rendement de leur portefeuille.

🎯 Fiche stratégie

  • Position : long 100 actions + vente 1 call (même sous-jacent)
  • Biais : neutre à modérément haussier
  • Gain max : (strike − prix d’achat) + prime encaissée
  • Perte max : prix d’achat − prime (si l’action tombe à zéro)
  • Greek dominant : theta positif (le temps joue en votre faveur)

Comment fonctionne un covered call

Vous possédez 100 actions d’une entreprise. Vous vendez un call OTM (strike au-dessus du cours actuel) avec une échéance de 30 à 45 jours. Deux scénarios possibles à l’échéance :

  • Le cours reste sous le strike : le call expire sans valeur. Vous gardez vos actions ET la prime. Vous pouvez recommencer le mois suivant.
  • Le cours dépasse le strike : vous êtes assigné et devez vendre vos actions au strike. Vous gardez la prime, mais vous manquez la hausse au-delà du strike.

Exemple chiffré

📝 EXEMPLE

Vous détenez 100 actions TotalEnergies achetées à 52 €, cours actuel 56 €.

Vous vendez 1 call strike 60 €, échéance 35 jours, prime = 1,20 € par action.

Prime encaissée = 1,20 × 100 = 120 €
Gain max = (60 − 52 + 1,20) × 100 = 920 €
Breakeven = 52 − 1,20 = 50,80 €
Rendement de la prime = 1,20 / 56 = 2,1 % en 35 jours

Si TotalEnergies reste entre 50,80 € et 60 € : vous gardez la prime + vos actions. Rendement annualisé potentiel de la stratégie : environ 22 %.

Si TotalEnergies monte à 68 € : vous vendez à 60 €. Gain total = 920 €. Mais vous manquez 800 € de hausse supplémentaire (de 60 à 68).

Choix du strike : le compromis clé

Le choix du strike détermine le rapport entre prime encaissée et probabilité d’être assigné :

Type de strikeDeltaPrimeProbabilité d’assignationProfil
ITM (sous le cours)0,60-0,80ÉlevéeHaute (60-80 %)Défensif / sortie planifiée
ATM (≈ cours)0,45-0,55MoyenneMoyenne (45-55 %)Équilibré
OTM (au-dessus)0,15-0,30FaibleBasse (15-30 %)Conservation + revenu

La plupart des praticiens visent un delta de 0,20 à 0,30 sur le call vendu. Cela offre un bon compromis : prime correcte, forte probabilité de conserver les actions, et marge de hausse raisonnable.

Choix de l’échéance

L’échéance optimale se situe entre 30 et 45 jours (DTE). Pourquoi ?

  • Le theta decay s’accélère dans cette fenêtre : votre prime s’érode rapidement en votre faveur
  • Assez de temps pour capturer une prime décente
  • Pas trop long pour éviter l’exposition prolongée aux aléas

Avec une rotation mensuelle (12 cycles par an), le rendement cumulé des primes peut représenter 8 à 15 % annuels sur un portefeuille d’actions à faible volatilité, et plus sur les actions volatiles.

Quand le covered call est pertinent

Contexte idéal

  • Vous détenez des actions que vous êtes prêt à vendre si elles montent au strike
  • Votre vue est neutre à modérément haussière
  • La volatilité implicite est correcte ou élevée (primes attractives)
  • L’action verse un dividende : la prime du call s’ajoute au rendement du dividende

Quand éviter

  • Vous êtes très haussier : le call vendu plafonne votre gain. Gardez vos actions sans couvrir
  • L’action est en chute libre : la prime ne compense pas la perte sur l’action. Le covered call n’est pas un outil de protection
  • Des résultats ou un catalyseur majeur approchent et vous pensez que l’action va exploser à la hausse

Analyst Tip : le covered call est souvent confondu avec une stratégie « conservative ». Elle l’est en termes de risque (la prime réduit légèrement le breakeven), mais elle ne protège pas contre une vraie baisse. Pour cela, il faut un protective put, qui a un coût explicite.

Gestion de position

Le call vendu est en perte (le sous-jacent monte vers le strike)

  • Rouler vers le haut et dans le temps : racheter le call actuel, en vendre un nouveau avec un strike plus élevé et une échéance plus longue. Vous encaissez un crédit supplémentaire et repoussez le niveau d’assignation.
  • Laisser l’assignation se faire : si vous êtes satisfait de vendre au strike (vous avez atteint votre objectif de prix), laissez faire.

Le call vendu est en profit (le sous-jacent stagne ou baisse)

  • Racheter à 50-75 % du profit : vous capturez la majorité du gain et libérez la position pour un nouveau cycle.
  • Laisser expirer sans valeur : plus simple mais vous restez bloqué jusqu’à l’échéance sans pouvoir vendre un nouveau call.

Impact fiscal en France

Les primes encaissées sur les options sont imposées comme des plus-values mobilières : flat tax à 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) dans un CTO. Les options ne sont pas éligibles au PEA.

Si vous êtes assigné et vendez vos actions, la plus-value sur les actions est calculée normalement (prix de vente − prix d’achat), et la prime est un revenu distinct.

Covered call vs autres stratégies de revenu

StratégieRevenuProtection baissePlafond de hausse
Covered callPrime du callFaible (prime comme coussin)Oui (au strike)
Dividendes seulsDividendeAucuneNon
Iron condorPrime netteOui (spread)Oui (spread)

🔑 Points clés à retenir

  • Le covered call = détenir des actions + vendre un call. Revenu régulier, gain plafonné
  • Visez un delta de 0,20 à 0,30 et une échéance de 30 à 45 jours
  • Le rendement des primes peut atteindre 8 à 15 % annuels selon la volatilité
  • Ce n’est PAS une stratégie de protection contre la baisse
  • Roulez la position ou rachetez à 50-75 % du profit pour optimiser le rendement

Questions fréquentes

Peut-on faire un covered call sur des ETF ?

Oui, à condition que l’ETF ait des options cotées. C’est courant sur les ETF américains (SPY, QQQ, IWM). Sur les ETF européens, les options sont rares et peu liquides. Certains ETF intègrent directement une stratégie de covered call (BuyWrite ETFs).

Que faire si le sous-jacent verse un dividende pendant la durée du call vendu ?

Le risque d’assignation anticipée augmente juste avant le détachement du dividende, surtout si le call est ITM. L’acheteur du call peut l’exercer pour capter le dividende. Pour éviter ce risque, ne vendez pas de calls ITM juste avant un détachement de dividende.

Combien d’actions faut-il pour un covered call ?

Un contrat d’option porte sur 100 actions. Vous avez besoin d’au moins 100 actions du sous-jacent par call vendu. Avec 300 actions, vous pouvez vendre 3 calls.

Le covered call est-il adapté aux débutants en options ?

C’est la stratégie la plus accessible. Le risque est simple à comprendre (vous vendez vos actions si le cours dépasse le strike), et vous ne pouvez pas perdre plus que si vous déteniez les actions sans la stratégie. La plupart des courtiers autorisent le covered call même pour les comptes de niveau 1 en options.

Covered call et protective put, c’est complémentaire ?

Oui. La combinaison des deux (covered call + protective put) s’appelle un « collar ». Vous plafonnez votre gain (call vendu) et votre perte (put acheté). Le coût du put est partiellement financé par la prime du call. C’est une stratégie conservatrice de type « range-bound ».

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les options sont des instruments complexes comportant un risque de perte en capital.