Gestion Active

Définition : La gestion active est une stratégie d’investissement dans laquelle un gérant de portefeuille sélectionne des titres avec l’objectif de surperformer un indice de référence (benchmark). À l’opposé de la gestion passive, elle repose sur l’analyse fondamentale, le timing de marché et la conviction du gérant.

Comment fonctionne la gestion active ?

Le gérant analyse les marchés, étudie les entreprises et construit un portefeuille qu’il juge supérieur à l’indice de référence. Il peut surpondérer certains secteurs, éviter des titres qu’il considère surévalués, ou ajuster l’exposition selon ses anticipations macroéconomiques.

L’objectif est de générer de l’alpha : le rendement excédentaire par rapport au benchmark après déduction des frais. Un fonds qui bat régulièrement son indice justifie ses frais de gestion plus élevés.

Gestion active vs gestion passive

CritèreGestion activeGestion passive
ObjectifBattre l’indiceRépliquer l’indice
Frais de gestion annuels1,5 à 2,5 %0,05 à 0,40 %
DécisionsGérant humain (ou équipe)Algorithme de réplication
Turnover du portefeuilleÉlevé (50-100 %/an)Faible (< 10 %/an)
Performance à long terme~10-15 % des fonds battent leur indice sur 15 ansPerformance de l’indice – frais

Le problème de la performance

Les études académiques sont claires : sur des périodes longues (10-20 ans), la grande majorité des fonds actifs sous-performent leur indice de référence, principalement à cause des frais. Le rapport SPIVA montre qu’environ 85 à 90 % des fonds actions européens actifs font moins bien que leur benchmark sur 15 ans.

Cela ne signifie pas que la gestion active est toujours inutile. Elle peut se justifier sur des marchés inefficients (small caps, marchés émergents, dette high yield) où l’information est moins bien intégrée dans les prix.

Quand la gestion active se justifie

  • Marchés de niche : les small caps, les marchés frontières ou le private equity offrent davantage d’opportunités de sélection.
  • Obligations complexes : la dette subordonnée, le high yield ou les obligations convertibles nécessitent une analyse crédit approfondie.
  • Gestion de la baisse : un bon gérant peut réduire l’exposition en période de crise, ce qu’un ETF ne fait pas.
  • Contraintes ESG strictes : les fonds ISR actifs appliquent une sélection plus fine que les ETF ESG qui suivent des filtres mécaniques.

Analyst Tip : Si vous choisissez un fonds actif, focalisez-vous sur trois critères : la régularité de la surperformance (pas un seul bon millésime), les frais totaux (TER + frais de transaction) et la stabilité de l’équipe de gestion. Un gérant star qui part peut transformer un excellent fonds en fonds médiocre.

Ce qu’il faut retenir

  • La gestion active cherche à battre un indice de référence grâce aux décisions d’un gérant.
  • Les frais sont 5 à 10 fois supérieurs à la gestion passive (1,5-2,5 % vs 0,05-0,40 %).
  • Sur 15 ans, 85 à 90 % des fonds actifs sous-performent leur benchmark.
  • Elle reste pertinente sur les marchés inefficients et pour la gestion obligataire complexe.
  • Sélectionnez sur la régularité, les frais totaux et la stabilité de l’équipe.

Questions fréquentes

La gestion active vaut-elle ses frais ?

Dans la majorité des cas, non. Sur les grandes capitalisations des marchés développés, la gestion passive offre de meilleurs résultats nets de frais. La gestion active peut se justifier sur des segments de marché moins efficients ou pour des objectifs spécifiques (ISR, couverture du risque).

Qu’est-ce qu’un fonds « closet indexer » ?

Un closet indexer est un fonds qui se présente comme actif mais dont le portefeuille ressemble fortement à son indice de référence. Il facture des frais de gestion active sans réellement s’en écarter. Vérifiez l’active share (part active) : en dessous de 60 %, le fonds est probablement un closet indexer.

Peut-on combiner gestion active et passive ?

Oui, c’est même recommandé. L’approche « core-satellite » consiste à placer le cœur du portefeuille en gestion passive (ETF sur les grands indices) et à compléter avec des satellites en gestion active sur des segments de niche ou thématiques.

Comment mesurer la performance d’un fonds actif ?

Comparez le rendement net de frais à celui de son indice de référence sur au moins 5 ans. Analysez aussi le ratio de Sharpe (rendement ajusté du risque), le max drawdown (perte maximale) et l’alpha généré. Un fonds qui bat son indice en prenant deux fois plus de risque n’est pas un bon fonds.

La gestion active est-elle plus adaptée en période de crise ?

En théorie, un gérant actif peut protéger le portefeuille en réduisant l’exposition aux actifs risqués. En pratique, les études montrent que peu de gérants anticipent correctement les crises. La diversification et l’allocation d’actifs restent les meilleures protections.

Les informations présentées sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.