Amortissements : Méthodes de Calcul Linéaire et Dégressif
Définition : L’amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d’un actif immobilisé du fait de son utilisation, de l’usure du temps ou de l’obsolescence. Il permet de répartir le coût d’acquisition sur la durée d’utilisation de l’actif et constitue une charge déductible du résultat.
Les trois méthodes principales
| Méthode | Principe | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| Linéaire | Dotation constante chaque année | Par défaut, tous les actifs |
| Dégressif | Dotation décroissante (forte au début) | Biens éligibles (matériel industriel, etc.) |
| Par composants | Chaque composant est amorti séparément | Immeubles, installations complexes |
Amortissement linéaire
La méthode la plus courante. La dotation annuelle est constante sur toute la durée d’amortissement.
Machine achetée 60 000 € HT, durée d’utilisation 5 ans.
Taux linéaire = 100 % ÷ 5 = 20 % par an.
Dotation annuelle = 60 000 × 20 % = 12 000 €/an pendant 5 ans.
Si l’acquisition est en cours d’exercice, la première annuité est calculée au prorata temporis (nombre de jours / 360).
Amortissement dégressif
Le dégressif accélère l’amortissement les premières années. Le taux dégressif = taux linéaire × coefficient fiscal :
| Durée d’utilisation | Coefficient fiscal |
|---|---|
| 3-4 ans | 1,25 |
| 5-6 ans | 1,75 |
| 7 ans et plus | 2,25 |
On bascule en linéaire dès que le taux linéaire sur la durée restante dépasse le taux dégressif. C’est le « switch » qui garantit un amortissement complet.
Machine 60 000 € HT, durée 5 ans. Taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %.
Année 1 : 60 000 × 35 % = 21 000 € (VNC = 39 000 €)
Année 2 : 39 000 × 35 % = 13 650 € (VNC = 25 350 €)
Année 3 : 25 350 × 35 % = 8 873 € (VNC = 16 477 €)
Année 4 : switch linéaire → 16 477 ÷ 2 = 8 239 €
Année 5 : 8 238 € (solde)
Amortissement par composants
Obligatoire pour les immeubles et les installations complexes. Chaque composant significatif est identifié et amorti sur sa propre durée :
| Composant (immeuble) | Part du coût | Durée |
|---|---|---|
| Structure / gros œuvre | 50 % à 60 % | 40 à 80 ans |
| Toiture | 5 % à 10 % | 25 à 30 ans |
| Façade / ravalement | 5 % à 8 % | 15 à 25 ans |
| Installations électriques | 5 % à 8 % | 20 à 25 ans |
| Plomberie / sanitaires | 3 % à 5 % | 15 à 20 ans |
| Chauffage / climatisation | 5 % à 8 % | 15 à 20 ans |
| Agencements intérieurs | 10 % à 15 % | 10 à 15 ans |
Cette méthode est cruciale en LMNP et en société immobilière à l’IS, où l’amortissement réduit significativement le résultat imposable.
Durées d’amortissement courantes
| Type d’actif | Durée fiscale usuelle |
|---|---|
| Bâtiments commerciaux | 20 à 30 ans |
| Bâtiments industriels | 15 à 20 ans |
| Matériel et outillage | 5 à 10 ans |
| Matériel de transport | 4 à 5 ans |
| Mobilier de bureau | 10 ans |
| Matériel informatique | 3 ans |
| Brevets / logiciels | 3 à 5 ans |
Analyst Tip : En LMNP au réel, l’amortissement du bien (hors terrain, non amortissable) est le levier fiscal principal. Un bien à 200 000 € (dont 20 % de terrain) génère environ 6 400 €/an de dotation aux amortissements, ce qui peut effacer une grande partie des revenus locatifs imposables.
📌 Ce qu’il faut retenir
- Linéaire : dotation constante, méthode par défaut. Taux = 100 % / durée.
- Dégressif : amortissement accéléré les premières années. Coefficient 1,25 à 2,25.
- Par composants : obligatoire pour les immeubles. Chaque composant a sa propre durée.
- L’amortissement est une charge déductible qui ne génère aucune sortie de trésorerie.
- Le terrain n’est jamais amortissable — seule la construction et les composants le sont.
Questions fréquentes
Peut-on amortir un bien immobilier en SCI à l’IR ?
Non. En SCI à l’IR, les revenus sont des revenus fonciers et l’amortissement n’est pas admis. L’amortissement n’est possible que pour les sociétés soumises à l’IS (SCI IS, SASU, SARL) ou en BIC (LMNP). C’est une différence fondamentale entre SCI IS et SCI IR.
Le terrain est-il amortissable ?
Non, le terrain n’est jamais amortissable car il ne se déprécie pas par l’usage. Lors de l’achat d’un immeuble, il faut ventiler le prix entre terrain (15-30 % en général) et construction (70-85 %). Seule la construction est amortissable.
Quelle différence entre amortissement comptable et fiscal ?
L’amortissement comptable reflète la dépréciation économique réelle de l’actif. L’amortissement fiscal est celui admis en déduction du résultat imposable. En général, les deux coïncident, mais des divergences existent (amortissement dérogatoire en dégressif, par exemple).
Quels biens sont éligibles au dégressif ?
Le dégressif est réservé aux biens neufs d’une durée d’utilisation d’au moins 3 ans : matériel et outillage industriel, matériel de manutention, installations de sécurité, matériel de bureau (sauf mobilier). Les immeubles et véhicules de tourisme en sont exclus.
L’amortissement augmente-t-il la plus-value à la revente ?
En société à l’IS, oui. La plus-value est calculée sur le prix de cession moins la valeur nette comptable (= prix d’achat − amortissements cumulés). Plus vous amortissez, plus la VNC baisse, et plus la PV taxable augmente. En LMNP (nom propre), l’amortissement n’impacte pas la PV des particuliers — c’est un avantage majeur du régime.
Les informations présentées sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil comptable ou fiscal. Consultez un expert-comptable avant toute décision.