Plan Comptable Général : Les 7 Classes de Comptes

Définition : Le Plan Comptable Général (PCG) est le référentiel comptable français obligatoire pour toutes les entreprises soumises à l’obligation de tenir une comptabilité. Il organise les comptes en 7 classes numérotées : les classes 1 à 5 forment le bilan, les classes 6 et 7 forment le compte de résultat.

Vue d’ensemble des 7 classes

ClasseIntituléNaturePosition
1Comptes de capitauxCapitaux propres, emprunts, provisionsBilan — Passif
2Comptes d’immobilisationsActifs durables (immo. corporelles, incorporelles, financières)Bilan — Actif
3Comptes de stocksMatières premières, en-cours, produits finisBilan — Actif
4Comptes de tiersCréances clients, dettes fournisseurs, ÉtatBilan — Actif/Passif
5Comptes financiersBanque, caisse, VMPBilan — Actif/Passif
6Comptes de chargesAchats, services, salaires, impôtsCompte de résultat — Charges
7Comptes de produitsVentes, prestations, produits financiersCompte de résultat — Produits

Classes de bilan (1 à 5)

Classe 1 — Comptes de capitaux

La classe 1 regroupe les ressources stables de l’entreprise. On y trouve le capital social (101), les réserves (106), le report à nouveau (11), le résultat de l’exercice (12), les subventions d’investissement (13), les provisions pour risques et charges (15) et les emprunts à long et moyen terme (16). C’est le « financement permanent » de l’entreprise.

Classe 2 — Comptes d’immobilisations

Tous les actifs destinés à servir durablement l’activité : immobilisations incorporelles (20 — brevets, fonds de commerce), corporelles (21 — terrains, constructions, matériel) et financières (26/27 — participations, prêts). Les amortissements (28) et dépréciations (29) viennent en déduction.

Classe 3 — Comptes de stocks

Matières premières (31), en-cours de production (33/34), produits finis (35) et marchandises (37). La variation de stocks impacte directement le résultat via les comptes 603 et 71.

Classe 4 — Comptes de tiers

Les créances et dettes nées des opérations courantes : fournisseurs (40), clients (41), personnel (42), organismes sociaux (43), État et collectivités (44 — TVA, IS), et comptes de régularisation (48/49). C’est la classe qui reflète le BFR de l’entreprise.

Classe 5 — Comptes financiers

La trésorerie : valeurs mobilières de placement (50), banques (512), caisse (53) et virements internes (58). Le solde net des comptes de classe 5 donne la trésorerie nette de l’entreprise.

Classes de gestion (6 et 7)

Classe 6 — Comptes de charges

Toutes les dépenses de l’exercice, organisées en trois catégories :

  • Charges d’exploitation (60-65) : achats de marchandises (607), matières premières (601), services extérieurs (61/62), impôts et taxes (63), charges de personnel (64), autres charges (65)
  • Charges financières (66) : intérêts sur emprunts, pertes de change, escomptes accordés
  • Charges exceptionnelles (67) : pénalités, cessions d’actifs à perte, rappels d’impôts

Classe 7 — Comptes de produits

Tous les revenus de l’exercice :

  • Produits d’exploitation (70-75) : ventes de marchandises (707), production vendue (701-706), subventions d’exploitation (74), autres produits (75)
  • Produits financiers (76) : dividendes reçus, intérêts perçus, gains de change
  • Produits exceptionnels (77) : cessions d’actifs à profit, reprises sur provisions

Le résultat de l’exercice = total classe 7 – total classe 6. Ce résultat se décompose en résultat d’exploitation, résultat financier et résultat exceptionnel, ce qui permet de construire les SIG (Soldes Intermédiaires de Gestion).

Analyst Tip : La logique du PCG est simple : les classes 1 à 5 photographient la situation patrimoniale à un instant T (bilan), les classes 6 et 7 enregistrent les flux sur une période (résultat). Pour analyser une entreprise, commencez toujours par le résultat (classes 6-7) avant de regarder le bilan (classes 1-5).

⚡ L’essentiel à retenir

  • 7 classes de comptes : 1-5 pour le bilan, 6-7 pour le compte de résultat
  • Classes 1 (capitaux) et 2 (immobilisations) = financement et emplois durables
  • Classes 3, 4, 5 = cycle d’exploitation et trésorerie
  • Classe 6 (charges) – Classe 7 (produits) = résultat de l’exercice
  • Le numéro du compte indique sa nature : plus il est détaillé, plus l’information est précise

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le PCG et les normes IFRS ?

Le PCG est le référentiel français obligatoire pour les comptes sociaux de toutes les entreprises. Les normes IFRS s’appliquent aux comptes consolidés des sociétés cotées. Les principales différences portent sur la comptabilisation de certains actifs (juste valeur vs coût historique) et la présentation des états financiers.

Combien de comptes contient le PCG ?

Le PCG contient plusieurs centaines de comptes, organisés en système de base (obligatoire), système abrégé (pour les petites entreprises) et système développé (plus détaillé). En pratique, une PME utilise entre 100 et 300 comptes différents selon la complexité de son activité.

Comment retenir la logique des classes ?

Astuce mnémotechnique : les classes 1-5 vont du plus stable au plus liquide (capitaux → immobilisations → stocks → tiers → trésorerie). Les classes 6-7 suivent la logique du compte de résultat (charges puis produits). Le résultat (classe 7 – classe 6) rejoint la classe 1 via le compte 12.

Qu’est-ce que le compte 512 ?

Le compte 512 est le compte « Banque » — il enregistre tous les mouvements sur le compte bancaire de l’entreprise. C’est l’un des comptes les plus utilisés en comptabilité courante. Son solde débiteur signifie que l’entreprise a de l’argent en banque ; son solde créditeur indique un découvert.

Le PCG est-il obligatoire pour les auto-entrepreneurs ?

Non. Les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) bénéficient d’obligations comptables allégées : un livre des recettes et un registre des achats suffisent. Le PCG s’impose aux entreprises soumises au régime réel (normal ou simplifié), quelle que soit leur forme juridique.

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre éducatif. Pour toute question comptable spécifique, consultez un expert-comptable.