Amortissement : Définition, Méthodes de Calcul et Fiscalité

Définition : L’amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d’un actif immobilisé due à l’usure, au temps ou à l’obsolescence. Il permet de répartir le coût d’un investissement sur sa durée d’utilisation et constitue une charge déductible du résultat fiscal.

Pourquoi amortir un actif ?

L’amortissement répond à un double objectif. Comptablement, il reflète la réalité économique : un ordinateur acheté 2 000 € ne vaut plus 2 000 € après 3 ans d’utilisation. Fiscalement, il permet de déduire progressivement le coût de l’investissement du bénéfice imposable, réduisant ainsi l’impôt à payer chaque année.

Sans amortissement, l’intégralité du coût pèserait sur l’année d’achat, faussant le résultat. L’amortissement lisse cette charge sur la durée de vie de l’actif, donnant une image plus fidèle de la rentabilité réelle de l’entreprise.

Les deux principales méthodes d’amortissement

Amortissement linéaire

La méthode la plus simple et la plus courante. Le montant amorti est identique chaque année. Si un bien de 10 000 € est amorti sur 5 ans, la dotation annuelle est de 2 000 € (10 000 / 5).

AMORTISSEMENT LINÉAIRE Dotation annuelle = Valeur d’acquisition / Durée d’utilisation

Amortissement dégressif

Cette méthode accélère l’amortissement en début de vie du bien. Elle applique un coefficient fiscal à la dotation linéaire. Les premières années, la charge est plus élevée, ce qui réduit davantage l’impôt en début de période. C’est un levier d’optimisation fiscale courant.

Durée d’utilisationCoefficient dégressif
3-4 ans1,25
5-6 ans1,75
7 ans et plus2,25

EXEMPLE CHIFFRÉ — LINÉAIRE VS DÉGRESSIF

Machine industrielle achetée 50 000 €, amortie sur 5 ans :

Linéaire : 50 000 / 5 = 10 000 €/an (constant)

Dégressif (coeff. 1,75) :
An 1 : 50 000 × 35 % = 17 500 €
An 2 : 32 500 × 35 % = 11 375 €
An 3 : 21 125 × 35 % = 7 394 €
An 4-5 : passage au linéaire sur le solde

Avec le dégressif, 28 875 € sont déduits dès les 2 premières années contre 20 000 € en linéaire. L’économie d’impôt est plus rapide.

Durées d’amortissement courantes

Type de bienDurée usuelleMéthode recommandée
Matériel informatique3 ansLinéaire ou dégressif
Véhicule4-5 ansLinéaire
Mobilier de bureau5-10 ansLinéaire
Machine industrielle5-10 ansDégressif recommandé
Bâtiment (construction)20-50 ansLinéaire
Brevet / logiciel3-5 ansLinéaire

Amortissement et immobilier locatif

En immobilier, l’amortissement est un outil puissant de défiscalisation. Sous le statut LMNP/LMP, l’amortissement du bien (hors terrain) et du mobilier vient en déduction des revenus locatifs BIC, créant souvent un résultat fiscal proche de zéro. C’est l’un des avantages majeurs du régime réel en location meublée.

Attention : l’amortissement en LMNP ne crée pas de déficit foncier imputable sur le revenu global. L’excédent d’amortissement est reportable sans limite de durée mais uniquement sur les revenus BIC de location meublée.

Analyst Tip : Pour un investissement locatif meublé, faites réaliser une ventilation du prix par un expert-comptable : terrain (non amortissable), gros œuvre (30-40 ans), installations (15-20 ans), mobilier (5-10 ans). Cette décomposition par composants maximise l’amortissement déductible annuellement.

Ce qu’il faut retenir

  • L’amortissement répartit le coût d’un investissement sur sa durée de vie et réduit le bénéfice imposable
  • Linéaire : charge constante chaque année — simple et universel
  • Dégressif : charge accélérée en début de vie — avantage fiscal immédiat
  • En LMNP, l’amortissement permet souvent de ne pas payer d’impôt sur les loyers
  • Le terrain n’est jamais amortissable, qu’il s’agisse d’immobilier ou de comptabilité d’entreprise

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre amortissement et dépréciation ?

L’amortissement constate une perte de valeur irréversible et prévisible (usure normale). La dépréciation constate une perte de valeur ponctuelle et potentiellement réversible (baisse de marché, obsolescence imprévue). Les deux sont des charges comptables mais leur traitement diffère.

Peut-on amortir un terrain ?

Non. Le terrain ne se déprécie pas par l’usage ou le temps (sauf cas exceptionnels comme une carrière). C’est pourquoi en immobilier, le prix d’achat est ventilé entre terrain (non amortissable) et construction (amortissable).

L’amortissement dégressif est-il toujours plus avantageux ?

Fiscalement, le dégressif accélère l’économie d’impôt en début de période. Mais le total amorti sur la durée est identique au linéaire. Le dégressif est avantageux si vous avez besoin de liquidités à court terme ou si votre taux d’imposition risque de baisser dans le futur.

Que se passe-t-il si on vend un bien avant la fin de l’amortissement ?

La valeur nette comptable (VNC = prix d’achat − amortissements cumulés) sert de base au calcul de la plus-value de cession. Si le prix de vente dépasse la VNC, la différence est une plus-value imposable. Les amortissements déduits augmentent donc la plus-value future.

Les petites entreprises peuvent-elles amortir immédiatement un bien ?

Oui, les biens d’un montant unitaire inférieur à 500 € HT peuvent être passés directement en charges. C’est un seuil de tolérance fiscale. Au-delà, l’immobilisation et l’amortissement sur la durée de vie sont obligatoires.

Les informations présentées sont à caractère éducatif et ne constituent pas un conseil comptable ou fiscal. Consultez un expert-comptable pour votre situation.