Revenus Fonciers : Définition, Fiscalité et Régimes d’Imposition

En bref : Les revenus fonciers sont les loyers perçus au titre de la location nue de biens immobiliers. Ils sont soumis à l’impôt sur le revenu au barème progressif, avec le choix entre le micro-foncier (abattement 30 %) et le régime réel (déduction des charges réelles).

Qu’est-ce qu’un revenu foncier ?

Les revenus fonciers désignent les loyers tirés de la location de biens immobiliers non meublés : appartements, maisons, locaux commerciaux, terrains, parts de SCPI. C’est une catégorie spécifique de l’impôt sur le revenu (IR), distincte des BIC (qui couvrent la location meublée sous le statut LMNP).

Sont considérés comme revenus fonciers : les loyers encaissés, les pas-de-porte, les indemnités de résiliation de bail et les revenus distribués par les SCPI ou les SCI soumises à l’IR.

Micro-foncier vs régime réel

CritèreMicro-foncierRégime réel
ConditionRevenus fonciers bruts ≤ 15 000 €/anRevenus > 15 000 € ou option volontaire
Abattement / DéductionAbattement forfaitaire de 30 %Déduction des charges réelles
Déficit foncierImpossibleOui, jusqu’à 10 700 €/an sur le revenu global
DéclarationFormulaire 2042 (case 4BE)Formulaire 2044 détaillé
EngagementAucun3 ans minimum si choisi par option
Intéressant si…Charges réelles < 30 % des loyersCharges réelles > 30 % des loyers
EXEMPLE COMPARATIF

Loyers bruts annuels : 12 000 €. Charges réelles : 5 500 € (intérêts d’emprunt 3 000 € + travaux 1 500 € + assurance/gestion 1 000 €). TMI : 30 %.

Micro-foncier :
Revenu net = 12 000 × 70 % = 8 400 €
Impôt + PS = 8 400 × (30 % + 17,2 %) = 3 965 €
Régime réel :
Revenu net = 12 000 − 5 500 = 6 500 €
Impôt + PS = 6 500 × (30 % + 17,2 %) = 3 068 €
Économie régime réel : 897 €/an

Charges déductibles au régime réel

En régime réel, les charges suivantes sont déductibles des revenus fonciers bruts :

  • Intérêts d’emprunt : intérêts + frais de dossier + assurance emprunteur liés au financement du bien
  • Travaux d’entretien et réparation : toiture, plomberie, ravalement (pas les travaux d’agrandissement)
  • Travaux d’amélioration : isolation, chauffage, accessibilité (logements résidentiels)
  • Frais de gestion : honoraires d’agence, frais de syndic, frais de procédure
  • Assurances : PNO (propriétaire non occupant), garantie loyers impayés
  • Taxe foncière (hors ordures ménagères récupérables)
  • Provisions pour charges de copropriété

Le déficit foncier

Quand les charges déductibles dépassent les loyers, un déficit foncier apparaît. La part du déficit provenant des charges autres que les intérêts d’emprunt est imputable sur le revenu global, dans la limite de 10 700 €/an (21 400 € pour les rénovations énergétiques). Le surplus et la part liée aux intérêts se reportent sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

C’est un outil puissant d’optimisation fiscale : 10 700 € de déficit foncier imputable génèrent une économie immédiate de 5 042 € pour une TMI à 30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux.

Revenus fonciers des SCPI

Les revenus distribués par les SCPI sont taxés comme des revenus fonciers classiques. Si vous détenez des SCPI en direct (hors assurance-vie), leurs revenus s’ajoutent à vos autres revenus fonciers pour le calcul global. Le micro-foncier est applicable si le total (SCPI + immobilier direct) reste sous 15 000 €.

Analyst Tip : Si vous détenez des SCPI sans emprunt et peu de charges, le micro-foncier est souvent optimal. Mais dès que vous avez un crédit immobilier en cours ou des travaux à déduire sur un autre bien, passez au réel pour tout votre patrimoine foncier — le régime s’applique globalement, pas bien par bien.

Ce qu’il faut retenir

  • Les revenus fonciers concernent la location nue (non meublée) de biens immobiliers.
  • Micro-foncier (30 % d’abattement) si loyers ≤ 15 000 €, régime réel sinon.
  • Le régime réel est plus avantageux dès que les charges dépassent 30 % des loyers.
  • Le déficit foncier permet de déduire jusqu’à 10 700 €/an du revenu global.
  • Les revenus de SCPI sont fiscalisés comme des revenus fonciers classiques.

Questions fréquentes

Les revenus fonciers sont-ils soumis aux prélèvements sociaux ?

Oui. Les revenus fonciers nets sont soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % (CSG + CRDS + prélèvement de solidarité) en plus de l’impôt sur le revenu au barème progressif. Le taux global d’imposition atteint donc TMI + 17,2 %.

Location meublée et revenus fonciers, quelle différence ?

La location meublée relève des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), pas des revenus fonciers. Le statut LMNP permet d’amortir le bien et les meubles, ce qui offre souvent une fiscalité plus douce que les revenus fonciers classiques.

Peut-on passer du micro-foncier au régime réel ?

Oui, à tout moment, en remplissant le formulaire 2044. Mais l’option est irrévocable pendant 3 ans. Inversement, si vous êtes au réel, vous pouvez repasser au micro-foncier après la période de 3 ans si vos revenus sont inférieurs à 15 000 €.

Les loyers impayés sont-ils imposables ?

Non. Seuls les loyers effectivement encaissés (ou inscrits en comptabilité pour les SCI) sont imposables. Les loyers impayés ne génèrent pas de revenus fonciers, mais les charges associées au bien restent déductibles au régime réel.

Comment réduire l’imposition des revenus fonciers ?

Les principaux leviers : passer au régime réel si vos charges sont élevées, générer du déficit foncier via des travaux, investir via un PER pour réduire le revenu imposable global, ou envisager la location meublée (LMNP) pour les futurs investissements.

Les informations fournies sur finref.fr sont à caractère éducatif et ne constituent pas des conseils fiscaux. Consultez un professionnel pour votre situation personnelle.