Actions ordinaires vs actions de préférence : quelles différences ?

Les actions ordinaires et les actions de préférence sont deux catégories de titres de propriété d’une entreprise. Les premières donnent un droit de vote et un accès aux bénéfices sans garantie. Les secondes offrent un dividende prioritaire mais renoncent souvent au droit de vote. Comprendre cette distinction est essentiel pour tout investisseur en Bourse.

Qu’est-ce qu’une action ordinaire ?

L’action ordinaire est le titre le plus courant en Bourse. Elle confère à son détenteur trois droits fondamentaux : un droit de vote en assemblée générale (une action = une voix), un droit aux dividendes (si l’entreprise décide d’en distribuer), et un droit au boni de liquidation en cas de dissolution (après remboursement de toutes les dettes et des actionnaires prioritaires).

Quand on parle d’acheter des actions en Bourse, on parle presque toujours d’actions ordinaires. C’est ce que vous achetez sur Euronext, le NYSE ou le NASDAQ via votre CTO ou PEA.

Qu’est-ce qu’une action de préférence ?

L’action de préférence (preferred stock en anglais) est un titre hybride entre l’action et l’obligation. Elle offre un dividende prioritaire — souvent fixe ou à taux déterminé — versé avant celui des actionnaires ordinaires. En contrepartie, elle ne confère généralement pas de droit de vote.

En cas de faillite, les actionnaires de préférence sont remboursés avant les actionnaires ordinaires (mais après les obligataires et créanciers). C’est un compromis entre la sécurité d’une obligation et le potentiel d’une action.

Comparatif détaillé

CritèreAction ordinaireAction de préférence
Droit de voteOui (1 action = 1 voix)Non (en général)
DividendeVariable, décidé en AGPrioritaire, souvent fixe
Priorité en cas de failliteDernier rangAvant les ordinaires, après les créanciers
Potentiel de plus-valueÉlevé (cours suit les bénéfices)Limité (cours plus stable, proche d’une obligation)
VolatilitéÉlevéeModérée
ConvertibilitéNon applicableParfois convertible en actions ordinaires
Disponibilité en BourseTrès couranteRare en France, plus courante aux États-Unis

Les actions de préférence en France

En droit français, les actions de préférence sont régies par les articles L228-11 et suivants du Code de commerce. Elles sont surtout utilisées par les startups et entreprises non cotées dans le cadre de levées de fonds (Series A, B, C). Les investisseurs en capital-risque reçoivent souvent des actions de préférence avec des droits spécifiques : liquidation préférentielle, anti-dilution, droit de veto sur certaines décisions.

En Bourse française, les actions de préférence sont rares. On trouve parfois des actions à dividende prioritaire sans droit de vote (ADP) ou des certificats d’investissement, mais ce sont des instruments en voie de disparition.

Les preferred stocks américaines

Aux États-Unis, les preferred stocks sont beaucoup plus courantes et activement négociées. Les grandes banques (JPMorgan, Bank of America, Wells Fargo) et les REIT émettent régulièrement des preferred stocks avec des rendements de 5 % à 7 %. Elles se comportent davantage comme des obligations que comme des actions classiques.

Il existe aussi des ETF de preferred stocks (comme le iShares Preferred and Income Securities ETF — PFF) qui offrent une exposition diversifiée à ce marché avec un rendement attractif.

Analyst Tip : pour un investisseur particulier en France, les actions ordinaires restent l’instrument principal. Les actions de préférence sont surtout utiles dans un contexte de rendement fixe (preferred stocks US) ou d’investissement en private equity. Si vous cherchez un rendement fixe, comparez avec les obligations high yield qui offrent une sécurité juridique supérieure.

Quel type d’action choisir ?

  • Investisseur croissance : actions ordinaires, pour profiter pleinement de l’appréciation du cours et des augmentations de dividendes.
  • Investisseur revenu : preferred stocks US (via ETF PFF par exemple) ou actions ordinaires à haut dividende — selon la priorité entre rendement fixe et croissance.
  • Business angel / capital-risque : actions de préférence, pour protéger le capital investi via la liquidation préférentielle et les clauses anti-dilution.

Ce qu’il faut retenir

  • Les actions ordinaires offrent droit de vote et potentiel de plus-value — c’est l’instrument standard en Bourse.
  • Les actions de préférence offrent un dividende prioritaire mais peu ou pas de droit de vote.
  • En France, les actions de préférence sont surtout utilisées en private equity et levées de fonds.
  • Aux États-Unis, les preferred stocks sont activement négociées et offrent des rendements de 5-7 %.
  • Pour un investisseur particulier, les actions ordinaires restent le choix principal dans la grande majorité des cas.

Questions fréquentes

Les actions de préférence sont-elles plus sûres que les ordinaires ?

Elles offrent une meilleure protection en cas de faillite (remboursement prioritaire) et un dividende plus prévisible. Mais elles ne sont pas sans risque : l’entreprise peut suspendre le dividende préférentiel si elle est en difficulté.

Peut-on acheter des preferred stocks américaines depuis la France ?

Oui, via un CTO chez un courtier donnant accès aux marchés américains (Interactive Brokers, Saxo Bank). Des ETF comme le iShares PFF sont aussi accessibles.

Les actions de préférence sont-elles convertibles ?

Certaines oui. Les convertible preferred stocks peuvent être échangées contre un nombre déterminé d’actions ordinaires, généralement à l’initiative du détenteur. C’est courant dans le capital-risque.

Pourquoi les startups émettent-elles des actions de préférence ?

Pour protéger les investisseurs : la liquidation préférentielle garantit qu’ils récupèrent leur mise avant les fondateurs en cas de vente ou liquidation. Les clauses anti-dilution protègent leur pourcentage en cas de tours de financement ultérieurs à valorisation plus basse.

Les actions de préférence existent-elles en PEA ?

En théorie, les actions de préférence d’entreprises européennes pourraient être éligibles au PEA. En pratique, elles sont très rares en Bourse française et la question se pose rarement pour un investisseur particulier.

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Consultez un professionnel avant toute décision financière.