Protective put : protéger votre portefeuille avec des options

Le protective put consiste à acheter un put sur des actions que vous détenez déjà. C’est l’équivalent financier d’une assurance : vous payez une prime pour garantir un prix de vente minimum sur vos actions. Si le cours chute, vos pertes sont plafonnées. Si le cours monte, vous conservez tout le potentiel de hausse (moins le coût de la prime).

🎯 Fiche stratégie

  • Position : long 100 actions + achat 1 put (même sous-jacent)
  • Biais : haussier avec protection contre la baisse
  • Gain max : illimité (hausse de l’action − prime du put)
  • Perte max : (prix d’achat − strike) + prime du put
  • Greek dominant : delta positif, avec un « plancher » de protection

Comment fonctionne un protective put

Vous détenez des actions et vous craignez une correction à court terme, mais vous ne voulez pas vendre. L’achat d’un put vous donne le droit de vendre vos actions au strike choisi, quelle que soit la baisse du marché.

  • Le cours baisse sous le strike : vous exercez le put et vendez au strike. La perte est limitée.
  • Le cours monte : le put expire sans valeur. Vous avez payé la prime « pour rien », comme une assurance que vous n’avez pas utilisée.

Exemple chiffré

📝 EXEMPLE

Vous détenez 100 actions LVMH achetées à 750 €, cours actuel 780 €.

Vous achetez 1 put strike 740 €, échéance 60 jours, prime = 18 € par action.

Coût de la protection = 18 × 100 = 1 800 €
Perte max = (750 − 740 + 18) × 100 = 2 800 €
Breakeven = 750 + 18 = 768 € (pour être flat vs détention simple)
Coût en % = 18 / 780 = 2,3 % sur 60 jours

Si LVMH chute à 650 € : sans protection, perte = 10 000 €. Avec le protective put, perte = 2 800 €. Économie : 7 200 €.

Si LVMH monte à 850 € : le put expire sans valeur. Gain = (850 − 750 − 18) × 100 = 8 200 €. Vous conservez la hausse, amputée du coût de la prime.

Choix du strike : quel niveau de protection

Strike par rapport au coursProtectionCoût (prime)Usage
ATM (≈ cours actuel)MaximaleÉlevé (3-5 %)Protection totale, période très incertaine
5-10 % OTMBonneModéré (1,5-3 %)Protection contre un krach, pas une correction modérée
15-20 % OTMCatastrophe uniquementFaible (0,5-1 %)« Assurance catastrophe » type Black Swan

Le choix dépend de votre tolérance aux pertes. Si vous êtes prêt à absorber une baisse de 10 % mais pas de 30 %, un put OTM à −10 % est le bon compromis coût/protection.

Le coût de la protection : le vrai sujet

Le protective put coûte cher sur la durée. Si vous renouvelez la protection tous les 2 mois, le coût annuel peut atteindre 6 à 15 % de la valeur du portefeuille, selon la volatilité du sous-jacent.

Comment réduire le coût

  • Financer le put avec un covered call : c’est le « collar ». La prime du call vendu finance partiellement ou totalement le put acheté. En contrepartie, votre hausse est plafonnée.
  • Choisir un strike OTM plus éloigné : moins de protection mais beaucoup moins cher.
  • Allonger l’échéance : un put à 6 mois coûte moins que trois puts à 2 mois (vous évitez de payer trois fois la valeur temps).
  • N’acheter que pendant les périodes à risque : avant des élections, des annonces macro majeures ou si votre portefeuille est très concentré.

Protective put vs stop-loss : la fausse équivalence

Beaucoup d’investisseurs pensent qu’un stop-loss remplace un protective put. Ce n’est pas le cas :

CritèreProtective putStop-loss
Protection contre les gapsOui (droit contractuel)Non (exécution au prix d’ouverture)
CoûtPrime payéeGratuit
Conservation des actionsPossible (revente du put)Non (actions vendues)
Rebond post-baisseVous gardez les actionsActions vendues, vous manquez le rebond

Le protective put brille dans les situations de gap baissier à l’ouverture (annonce de résultats catastrophiques, événement géopolitique). Le stop-loss vous fait sortir au pire moment avec le pire prix.

Quand utiliser un protective put

Situations favorables

  • Vous avez une plus-value latente importante et ne voulez pas la risquer
  • Un événement binaire approche (résultats, procès, régulation)
  • Vous ne pouvez pas vendre les actions (restrictions réglementaires, seuils fiscaux)
  • Période de vacances ou d’absence : vous ne pouvez pas surveiller le marché

Quand ne pas l’utiliser

  • Protection permanente : le coût cumulé détruit le rendement à long terme
  • Sur des actions à faible beta et faible volatilité : le coût de la prime est disproportionné par rapport au risque réel
  • Si vous êtes prêt à vendre l’action : vendez directement au lieu de payer une assurance

Analyst Tip : si le protective put permanent est trop cher, pensez aux puts sur indices. Un put sur le CAC 40 ou le S&P 500 protège l’ensemble de votre portefeuille contre un choc systémique, avec un coût bien inférieur à des puts individuels sur chaque action. Cela ne protège pas contre le risque spécifique, mais c’est efficace contre un krach généralisé.

Le collar : protective put + covered call

Le collar combine les deux stratégies : achat d’un put (protection) + vente d’un call (financement). Le résultat est une fourchette de prix garantie.

📝 EXEMPLE COLLAR

Actions LVMH à 780 €.

Achat put strike 740 €, prime payée = 18 €

Vente call strike 820 €, prime reçue = 12 €

Coût net = 18 − 12 = 6 € par action (soit 600 € pour 100 actions)
Perte max = (780 − 740 + 6) × 100 = 4 600 €
Gain max = (820 − 780 − 6) × 100 = 3 400 €

Le collar crée une bande de fluctuation maîtrisée : entre 740 € et 820 €. Le coût net est bien inférieur au protective put seul.

🔑 Points clés à retenir

  • Le protective put = assurance contre la baisse. Vous payez une prime pour un prix de vente garanti
  • Le coût est le principal inconvénient : 1,5 à 5 % par période selon le strike
  • Supérieur au stop-loss car il protège contre les gaps et vous gardez vos actions
  • Le collar (put acheté + call vendu) réduit le coût en plafonnant la hausse
  • Réservez le protective put aux périodes de risque élevé, pas en protection permanente

Questions fréquentes

Peut-on acheter un protective put dans un PEA ?

Non. Les options ne sont pas éligibles au PEA. Vous devez détenir vos actions dans un CTO pour utiliser des puts de protection.

Quelle échéance choisir pour un protective put ?

Si vous protégez contre un événement précis (résultats, élection), choisissez l’échéance juste après l’événement. Pour une protection plus générale, une échéance de 60 à 90 jours offre un bon rapport coût/durée. Évitez les échéances très courtes (moins de 2 semaines) : le theta mange la prime trop vite.

Faut-il exercer le put ou le revendre si l’action baisse ?

Revendre le put est presque toujours préférable. Vous capturez la valeur intrinsèque ET la valeur temps résiduelle. L’exercice ne capture que la valeur intrinsèque. De plus, exercer le put implique de vendre vos actions, ce qui peut ne pas être souhaitable.

Le protective put est-il pertinent sur des ETF ?

Oui, et c’est souvent plus efficient que des puts individuels. Un put sur un ETF type S&P 500 (SPY) protège un portefeuille diversifié à moindre coût. Les options sur indices sont liquides et les spreads sont serrés.

Quelle est la différence entre un protective put et un married put ?

C’est la même chose. Le terme « married put » est utilisé quand l’action et le put sont achetés simultanément. Le « protective put » s’applique quand le put est ajouté sur une position existante. Le profil de risque est identique.

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les options sont des instruments complexes comportant un risque de perte en capital.